mardi 10 septembre 2013

Un grand pouvoir incombe de grandes responsabilités



Mon dieu! Je n'aurai jamais cru que j'aurai utilisé cette phrase si chère à mon enfant bercée par Spiderman et autres super-héros pour parler de théâtre d'impro.
Mais la séance d'hier soir m'a fait penser à ça!!

Non rassurez vous, je ne me sens pas investi d'un si grand pouvoir en tant qu'animateur des premières séances de l'année et donc en charge de l'accueil de nos nouvelles recrues! La bonne humeur habituelle et l'énergie qui règnent dans l'asso font tout le travail et je suis sûr que toutes les charmantes jeune femmes que nous avons reçues hier (Hi Tang, Jezabelle, Mathilde, Christelle et Guenola) seront du même avis que moi ... et oui notre Lolo a fait des ravages au forum des assos!

Non si je parle de grand pouvoir et de grandes responsabilités c'est pour parler du rôle du conteur! Et oui le conteur ne serait-il pas un super héros de l'improvisation?! Un petit rappel de ce que ses super pouvoirs lui permettent de faire:
      - poser une situation claire en début d'improvisation où chaque personnage connait son rôle et ses liens avec les autres (combien d'improvisations sont ratées car les personnages n'arrivent pas à se connecter?)
      - faire avancer l'histoire quand celle-ci patauge car les improvisateurs se sont tout dit et ne trouvent pas la sortie vers une autre intrigue. Il peut d'une seule phrase faire avancer l'histoire à vitesse grand V dans le temps et dans l'espace
      - conclure l'improvisation par une cholie petite morale .... ah des chutes, combien en avons-nous ratées?
  
Hier soir nous avons même découvert un nouveau super pouvoir du conteur:
      - il peut clarifier les choses, expliquer ce que les acteurs n'ont pas dit, ou sous-entendent, et apporter des réponses rapides aux questions que les spectateurs se posent. Il est en somme le gardien de la cohérence de l'impro!!!!!

Et c'est la que les responsabilités arrivent!!! Non de diou!! Et oui le conteur a pour tache de s'assurer que l'histoire reste compréhensible par le spectateur. Il doit, tout en jouant, être critique sur les éléments qu'apportent les acteurs et savoir reprendre la main pour les clarifier, expliquer si ceux la ne lui paraissent pas assez clair.

Par exemple, on est à la terrasse d'un café en train de discuter et tout à coup un martien débarque sur sa soucoupe volante pour commander un verre de pastis ..... sans en dire plus! Les bons camarades qui sont sur scène ne s'offusquent pas, ne voulant pas qu'un refus de la proposition ne soit taxé de rudesse!! A ce moment tout public éclairé se pose bien évidemment la question : "mais que vient donc faire ce martien à Marseille?!" ..... et le conteur doit lui aussi se poser cette question et si aucun acteur n'apporte la réponse, il est de sa responsabilité d'y répondre en bondissant à l'avant scène et en reprenant la main, pour par exemple une jolie diatribe sur les habitants de la planète Mars qui suite à une guerre de l'énergie se retrouvent à court de carburant pour faire fonctionner leurs usines et qu'un savant a trouvé dans le pastis Marseillais un substitut pour cette énergie. C'est donc pour ça que notre ami Martien Spub a été envoyé sur terre, précisément à Marseille pour voler le secret du pastis si jalousement gardé.
Et voilà-t-y pas une impro qui démarre moyennement qui se transforme en une aventure inter spatiale où les habitants du vieux port seront peut être kidnappés pour être emmenés sur Mars et livrés à d'immondes tortures afin de les voir donner leur secret.

Mais pour cela il faut que le conteur soit extrêmement vigilant sur l'évolution de l'histoire et soit capable de détecter les piétinements éventuels et sache trouver la répartie pour expliquer rationnellement toute situation loufoque.

On aura encore bien des occasions de reparler de tout cela dans le prochaine séance, mais tout d'abord je profite aussi de ce billet pour remercier tout le monde pour le dynamisme et l'énergie que vous avez mis dans les 2 premières séances. C'est grave chouette!

N'hésitez pas à me faire des retours sur les séances, notamment si vous trouvez que le temps de jeu est trop court et que je débriefe trop. J’essaie d'en dire un peu pour tous, les débutants comme les plus aguerris, mais je sais bien que l'on apprend jamais autant que lorsque l'on expérimente les choses par soi-même. Je vais réfléchir au truc de mon côté mais si vous avez des idées pour me faire taire, n'hésitez pas !!! :D

A lundi prochain pour la suite!
 

mardi 3 septembre 2013

Et voilà c'est reparti pour un tour!

Je sais pas pour vous, mais moi ça m'avait bien manqué de passer mes lundis soir à Ancenis et ce fut un grand plaisir de revoir tous ces gens tout bronzés et remontés à bloc pour une super année d'impro.
Et comme il faut bien débuter l'année en bon élève, je vous fais donc un chti débrief de la séance d'hier pour ceux qui sont restés un peu plus sous les tropiques et ceux qui préparaient la rentrée de leurs chères têtes blondes ou bien des nôtres!

Donc commençons par le commencement en disant que c'est moi que vous allez subir pour animer les séances pour un gros mois et demi .... ça va saigner!! Non rassurez vous j'ai pris de bonnes résolutions cet été, et mon fouet n'est pas encore de sortie. Pour ces 8 séances je compte vous proposer de travailler sur 3 axes :
  - la construction d'une histoire .... et y a de quoi en dire
  - presenter aux nouveaux les notions centrales de l'impro que sont : l'écoute, l'acceptation, la proposition et l'évasion
  - le travail du banc qui doit toujours rester alerte et au service des impros.

Ceci étant dit, nous avont fait un petit tour de présentation de chacun pour Anthony et Fabrice qui faisaient leur première séance hier puis un charmant Cowboy afin d'entrer dans leurs têtes les prénoms de chacun.
Ensuite pour faire monter la sauce nous avons continué par un Hiha, puis une déambulation dans l'espace avec des actions et des phrases à dire en fonction de ce que je disais/faisais.
Quel plaisir d'entendre tout le monde me crier : "A vos odres chef", "Veuillez entrer votre majesté", ou bien mon préféré "S'il ne devait un rester qu'un, ce serait toi!". Nous avons terminé cela par un peu de mime avec l'ouverture et la fermeture de portes, le portage (et non pas lachage!) de caisses, l'escalade de mur, le tour de lampadaire et enfin un épuisement progressif.

Après nous avons repris avec l'exercice "Tu fais quoi là?", où chacun mime ce que son voisin lui a dit qu'il faisait. On a pu se rendre compte qu'il faut savoir mimer quelque chose, même de simple tout en restant prêt à répondre à une question anodine.

Puis nous avons commencé à parler du travail de construction d'une histoire, chacun à son tour s'est avancé pour apporter un nouvel élément de l'histoire. On a pu identifier trois grands temps, la situation initiale, la montée de l'intrigue puis la conclusion. Nous avons donc travaillé ensuite en groupe de trois où chacun devait à son tour prendre l'un de ses temps, afin de bien ressentir ce qu'ils contiennent.

Après cela nous avons fait un travail sur le conte avec des impros à 2, ou l'un était le conteur et l'autre l'acteur du conte. Le but étant de bien cerner le rôle de l'un et de l'autre tout en gardant à l'esprit qu'il devait y avoir un équilibre dans la construction de l'histoire, chacun avec ses moyens. Le conteur ayant de son côté la force de pouvoir jouer avec le temps et l'espace très simplement par de courtes phrases narratives et l'acteur lui pouvant apporter une charge émotionnelle à l'histoire.

Ensuite histoire de finir la séance, nous avons joué 3 petites impros de 3 minutes avec pour thèmes: "un cri dans la nuit", "château de sable" et "oiseau de malheur".

En gros c'était trop chouette! A lundi prochain pour la suite!!

samedi 24 août 2013

Oh my god, mais c'est bientôt la rentrée!!!!

Et oui finie la bronzette tranquille sur les plages de Copacabana! Les vacances sont belles et bien derrière vous, chers improvisateurs ou amis de l'improvisation!

Mais séchez moi vite ces vilaines larmes qui entachent de si ravissantc visages, l'AssocBolo fait aussi sa rentrée pour votre plus grand plaisir .... et surtout le nôtre d'ailleurs car ça commençait à nous manquer.

La liste des dates de nos spectacles n'est pas encore finalisée mais cette année s'annonce particulièrement sympa avec notamment l'organisation d'un championnat d'improvisation théâtrale ... teaser!! mais chut n'en disons pas plus et laissont votre imagination travailler!

Je profite surtout de ce post pour dire à tout le monde que les entrainements de l'Assoc'bolo reprendront le lundi 2 septembre à 20h00 à la salle de la Corderie à Ancenis et que bien évidemment tout un chacun est le bienvenu pour découvrir notre association et les joies de l'improvisation théâtrale.

Nous ne serons a priori pas au forum des associations d'Ancenis, donc n'attendez pas le forum pour venir à une de nos séances. Nous laissons généralement tout le mois de septembre aux personnes intéressées pour décider de s'inscrire ou pas.

Bonne année improvisée à tous et rendez vous le 2 septembre pour les improvisateurs en herbe....

mardi 11 juin 2013

Où l'on voit que le sens du timing, ça a du bon parfois

La semaine dernière, lors du long couloir d'impros proposé par Guillaume, on a pu se rendre compte, comme au foot, de l'intérêt d'utiliser le banc. On se souvient tous du vibrant appel d'Antho l'an passé pour un banc participatif, motivé et acteur, prêt à bondir sur scène pour faire avancer l'impro.

Certes Berthe, dit le philosophe. Encore faut-il le faire à bon escient (cévidlaterre). Le meilleur banc reste celui qui n'est pas intervenu car les deux sur scène n'avaient besoin de personne pour faire une belle impro. Et ça arrive, de voir à regret débarquer sur scène une bande de joyeux drilles (Drillllllllll), quand on avait juste envie de voir se développer l'histoire avec les deux premiers acteurs...

Recertes Berthe, m'interrompt le philosophe, pressé et pas dupe. Le plus souvent, on pleure, on prie, on implore le banc de se jeter sur scène pour venir apporter de nouveaux éléments (ou mieux pour venir réentrelacer (parfaitement je réentrelace si je veux) des éléments déjà présents mais pas suffisamment exploités).

Du pep's donc, mais au bon moment Monseigneur! Revenons donc à nos moutons et pour le cas présent à la situation de jeu, à savoir, 2 sur scènes, 2 en réserve. Il n'est pas inutile de réfléchir à quel moment intervenir. Sur une impro ce soir-là, un couple apprend le décès tragique de leur enfant; en environ une minute trente, on a saisi l'enjeu. C'est alors qu'intervient le banc, pour relancer l’histoire avec la sœur qui arrive, les pieds dans le plat, d'abord un peu méchante et jalouse, avant de comprendre ce qui vient de se tramer. Sur une impro de 3 minutes, il ne reste plus qu'une vingtaine de secondes; le fils rentre à la maison, hilare, fier de sa blague, et se fait rouster (bien comme il faut hein, je vous jure) par son père. Et ça siffle.

Le spectacle d'impro est cruel pour ça. Comme une bonne blague dont on loupe la chute, une belle impro peut finir la queue entre les jambes pour s'être terminée 10 secondes trop tôt. Dans le jeu, il est souvent difficile d'avoir du recul sur l'impro et sur le temps qui passe; ça vaut le coup, quand on est sur le banc, d'être attentif au chrono.

Fichtre, pour la peine, des photos de notre fameuse Photo party périmée de 6 mois. Non? Si!
Là, il faut faire partie du plus petit groupe. Les bars levés gagnent!

Là les jambes les plus hautes gagnent. C'est Marie qui gagne mais c'est triché!
Là la mieux assise, la plus droite. Caramba, encore Marie.
Là, il fallait ne pas toucher le sol. Euh Val, c'est pas toi qui gagnes là-dessus!
Vous voyez, tout finit par arriver! A lundi les bolos!

lundi 20 mai 2013

Où l'on voit que faire sa feignasse sur scène, ça peut avoir du bon!



Lundi dernier, suite des opérations du lundi précédent de sagesse avec d'abord un peu moins, puis un peu plus de mots. Oui certes, il ne fut pas aisé de faire moins que la semaine passée où l'on avait réduit le jeu à 3 gestes, mais nous l'avons fait en ne faisant rien, ni mots, ni gestes... Et on s'y est mis à 4 ou 5 sur scène à ne rien faire.

Et quel intérêt me direz-vous à ce non-jeu? Eh bien de se rendre compte que le non-jeu n'existe pas pour le spectateur. Quand on regarde, en tant que spectateurs, comme nous sommes au théâtre et que nous sommes bien élevés, nous nous transformons en machines à imaginer des histoires, des liens entre les gens, des intentions dans les regards... Tout ceci illustre parfaitement l'émission dont Albert nous avait parlé il y a quelques temps et qui disait en gros que le spectateur est toujours en avance sur ce qui va se passer, il prend les éléments qu'il a en mains, est toujours en train de faire des assemblages qui se vérifient ou pas avec ce qui se passe sur scène. Pour plus de clarté, je vous invite à vous poser un petit moment à l'écoute de ce numéro "sur les épaules de Darwin"...
 
Et de tout ça, qu'en faisons-nous? Eh bien de d'une, on peut se permettre de pas en foutre une sur scène, pour laisser le spectateur bosser pour nous et se donner gratos de l'épaisseur. De deux, pendant que le spectateur travaille, il n'est pas interdit de travailler du ciboulot à notre tour. Et, débarrassé d'avoir à "verbié" à tout rompre, on peut trouver comment amener l'histoire ailleurs, plus loin...

Et qu'avons-nous fait de nos 20 ans de cette séance?
Une chauffe musclée grâce à Élodie qui nous avait apporté son kit de "Bump ball" (nom non certifié, Elo je ne trouve rien sur le net) à base de slip et de tee shirt à scratchs et de ballon en mousse. Ce qui nous a permis de faire un claquage à Angèle.
Comme une onde & banc de poisson
Respiration en choeur
Cercle de poètes en gromlos disparus
Puis des exos
- respiration 2 sur chaise
- regarder passer les trains par 5
- la chambre d'échos
- 3 répliques données à utiliser

Fameux? Fameux!


dimanche 12 mai 2013

Où la contrainte libère, le silence délie les esprits...

Les copains, permettez, mais ça c'est du titre, ça en jette, non?

Bref, l'objectif de la séance de la semaine dernière était de travailler sur les différentes dimensions qui font qu'une impro est réussie. Ainsi, on peut faire une chouette impro avec d'autres atouts qu'une belle histoire. Tout ceci manque de clarté, c'est normal, je vous laisse lire un article de Christophe Tournier sur son blog qui en cause tellement mieux que moi que c'est là-bas que j'ai piqué l'idée: ici.
Un truc tiré de ce qu'on a pu voir de chouette ce lundi, c'est l'impro réalisée par Rollk, Marie et Djodjo. 3 personnages assis sur un banc, ne pouvant pas parler et ne pouvant que a) lever le bars b) croiser les jambes et c) tourner la tête. Le truc intéressant dans cette impro fut d'abord l'inquiétante étrangeté de Djodjo, qui s'est mis à lever les bras de manière régulière, comme quelqu'un priant ou comme un robot qui bugge. On en avait causé à la séance précédente sur une impro d'Albert, qui nous avait mis des petits bouts d'énigmes dans les infos qu'il nous avait données. Bref pour faire court et bref, c'est ce geste énigmatique qui va permettre à l'impro de partir et de susciter l'intérêt de nous, spectateurs.

Après il faut le génie de ces demoiselles, parfaites dans l’écoute réciproque, qui vont aller creuser dans ce mystère, et qui nous ont offert de jolis moments de symétrie autour de l'axe du mâle (!). Il faut mettre du troublant, du non résolu dans nos impros pour que le spectateur cherche, fouine, construise, se fasse mille scénarios. 

Le programme de la séance (avec des exos tirés du livre de Christophe Tournier "300 exercices d'improvisation"):
- un volley, suivi d'un joueur but
- un piou piou
- un marche/arrêt (par 2, puis tous)
- des arrêts sur image
- Je suis superman
- une chorale
Puis 4 exercices: 3 acteurs sur un banc, un ballet en trois mouvements, pile ou face et l'ombre jazzy. En bonus, une photo de la boum pour les 14 ans d'Antho et une chanson du nouvel album de Bertrand Belin parce que c'est bon.