L'Assoc'bolo est à la recherche de nouveaux joueurs ados et adultes.
Nous serons présents au forum des associations le samedi 8 septembre, de 14 h à 18h à la salle de la Charbonnière à Ancenis.
Depuis la saison dernière nous avons :
- une troupe ados, de 13 à 17 ans
- une troupe adulte, de 18 à 99 ans !
Reprise des entraînements le lundi 10 septembre à la salle de la Corderie à Ancenis (ados de 18H30 à 20H et adultes de 20H à 22H). Cotisation 55 € l'année.
Venez tester l'improvisation les lundis 10 et 17 septembre 2018, c'est gratuit !
La saison a repris sur les chapeaux de roue (de rien) avec 2 matchs en 2 weekend. C'était le retour du championnat du Chausson d'Or avec la réception de l'équipe des Zig' samedi 15 novembre et le match à Sainte Pazanne ce samedi 22 novembre. Des chouettes moments. La preuve en images...
Quel bel homme cet Alex!
En sus, une photo de groupe à la fin du spectacle de Sainte Pazanne.
Amis de l'impro, l'Assoc' Bolo avait un peu déserté l'internenoute, mais we're back to save zi universe, ou bine pour faire un bon petit match d’impro. Rendez-vous samedi prochain le 15 novembre à la Salle du Bois Jauni. Spectacle programmé à 20h30. Attention, il n'y aura peut-être pas de place pour tout le monde! Une solution: la réservation sur assocboloresa@gmail.com! A samedi pour un match terrible entre les Zig' de la Roche sur Yon et l'Assoc' Bolo!
Mercredi 20 août à 20h30, venez nombreux au théâtre de verdure à Ancenis pour la rentrée de l'Assoc'Bolo. Au programme, 10 improvisateurs dont 2 des Zig' de la Roche sur Yon joueront des coudes pour devenir le maestro de la soirée!
Et qui
dit vacances à l'Assoc’ Bolo, dit ... prof interne.
Si en plus on ajoute une envie de faire des séances
sur des thèmes et ma vision de l'impro, alors vous obtenez deux séances sur les
thèmes « Réactivité et Ecoute » animées par moi (Julien) !!!!
Malgré un oubli de clé et l'intervention de Super
Marie à la rescousse, la séance a pu commencer avec seulement un petit 30
minutes de retard.
I - Briefing des deux séances (~5min)
La séance commence par un petit brief rapide sur le
déroulement et sur les points que je souhaite mettre en place sur les deux
séances mis à ma disposition.
II - Echauffement (~20min)
Puis nous attaquons directement dans le dur avec
l'échauffement pour se donner la patate.
Et rien ne vaut un bon Hi-Ha des familles pour être
réactif et à l'écoute.
Une fois que tout le monde était bien chaud, j'ai
mis à rude épreuve les sens de chacun dans le jeu "mains en haut - mains
en bas".
Principe :
Tout le monde est en rond bras le long du corps. Lorsque
je cite un nom, la personne a le choix de positionner un bras devant lui avec
soit le poing fermé vers le haut ou le bas, soit la paume ouverte vers le haut
ou le bas.
Après quelques tours d'échauffement, les
éliminations sont tombées !!! La réactivité et l'écoute sur le geste effectué
permettaient de tenir le plus longtemps. Pour corser un peu plus, le dernier
tour a été fait avec la possibilité de faire avec les deux mains.
Après ces petits jeux d'échauffement, un
échauffement un peu plus classique :
Les improvisateurs ont déambulé dans la salle et au
claquement de main, ils devaient effectuer les actions suivantes :
on se colle à quelqu’un - claquement
de main on se décolle
on dit bonjour en flattant l’autre
on fait des excuses à l’autre
on annonce une bonne nouvelle et
l’autre réagit à cette annonce
Puis un dernier exercice d'écoute pour la fin de
l'échauffement : l’exercice "Mer - Montagne" pour faire
travailler l'écoute.
Principe :
Occupation de l'espace. Au début de
l'exercice,je lance 2 mots et chacun en
choisit un en le répétant à haute voix. Chaque personne doit rejoindre les
autres personnes du même mot pour former à la fin 2 groupes.
Mer - Montagne
Homme - Femme
Chat - Chien
Auto - Moto - Vélo réalisé les yeux
fermés)
III - Exo (~30min)
Ce que
j'aime bien dans l'impro, c'est de mixer les idées, d'avoir de l'inattendu. C’est
pourquoi j'ai appliqué ces principes à la création d'exercices en m'appuyant
sur des exercices existants en les mixant à ma sauce :D
Y a-t-il une question dans la salle ? (Ecoute -
Réactivité)
Le principe est simple. On forme deux colonnes.
AB
CD
EF
Un thème peut être proposé ou non en début
d'exercice.
Puis un jeu de questions réponses s'enchaîne de la
manière suivante :
A donne une réponse
B pose la question de A
C répond à B
D pose la question de C
E répond à D
F pose la question de E
Chaque réponse ne doit pas avoir
de lien direct avec la réponse d'avant.
Cet exercice est intéressant
parce qu'il n’est pas intuitif et l'écoute est d'autant plus importante.
Si cela vous paraît obscur,
c'est normal car sur le papier c'est compliqué mais ça marche !!!
Mitraillette de mammouth 20s (Réactivité)
Cet exercice est le fruit de la
branlette de mammouth et de la remarque de Raph sur le fait que dans un caucus il faut des fois savoir
abandonner sa première idée, voire sa deuxième idée pour improviser sur la troisième idée.
L'exercice consiste à dire
plusieurs mots en fonction d'un autre et lorsque j'estime que c'est OK, la personne effectue une impro de 20-30s
J'étais parti sur le schéma
suivant :
1ère personne donne sa 1ère idée et
impro dessus
2ème personne donne sa 1ère idée et
impro qq chose sans cette idée
3ème personne donne 1ère idée - 2ème
idée - 3ème idée pour impro dessus
4ème personne donne 1ère idée et lui
donne autre chose
5ème personne donne sa 1ère idée et
impro dessus
6ème personne continue l’impro de la
5ème
Bien
entendu, je me suis adapté aux différents mots proposés.
Le regard (Réactivité + Ecoute
pour la 3ème personne)
Exercice marrant car incertitude sur les personnes
qui commencent l'impro
3 personnes sur scène
Les 3 personnes se positionnent en
rond en fermant les yeux
Un thème est donné avec mini caucus de
15s
Au top chacune d’elle regarde un autre
joueur
Si 2 joueurs se regardent alors ils
commencent une impro (1min)
Le 3ème joueur apporte un nouvel
élément et joue (30sec)
IV - Impro (~45min)
Pour
finir une séance d'impro, il faut évidement des impros !!!
Alors il
y a eu des impros :
Impro sans caucus
Impro plot avec caucus
3 vs 3 (3 plots de même couleur pour
chaque équipe)
Caucus + chacun des joueurs se
positionne devant plot
Avant l'impro, une couleur est citée
et les personnes se trouvant sur le plot de couleur commencent l'impro
Impro classique
V - Debrief
Pour une première séance,
j'ai vraiment apprécié animer surtout que tout le monde était en énergie malgré
certains exercices tordus.
On a à
plusieurs reprises vu que la notion de réactivité et d'écoute n'est pas du tout
évidente à mettre en place mais qu'en impro on se retrouve souvent en danger et
seules la réactivité et l'écoute peuvent nous permettre de rebondir.
Voila
c'était ma première séance pour l'Assoc’ Bolo !
Amis de l'Assoc'Bolo, bonjour! Venez donc voir le dernier match d'impro de l'année du désormais fameux tournoi du Chausson d'Or (regroupant les meilleures équipes de la planète - ou presque)! L'Assoc'Bolo joue sa place en Ligue des Champions samedi prochain contre la Cocotte de Ste Pazanne! Venez nombreux, avec la famille et les amis, pour rire, pleurer et surtout passer un chouette moment le samedi 5 avril à 20 h30 à la salle du Bois Jauni!
Réservations à l'adresse suivante "assocboloresa@gmail.com".
Sautez de joie, vivez dans l'allégresse, samedi prochain, c'est IMPRO à Ancenis! C'est pas beautiful ça mon ami? Venez rêver, rire et pleurer avec 12 comédiens qui se battront pour terminer maestro de la soirée. Rendez-vous salle du Bois Jauni à 20h30 le samedi 18 janvier pour en prendre plein les yeux!
Je reviens avec un peu de retard
sur les séances 2 et 3, assez identiques dans la forme, mais qui n'ont pourtant
pas donné tout à fait la même chose, les combattants n'étant pas les mêmes
entre les 2 séances. L'objectif de ces 2 séances était de se servir du chant
comme d’un levier pour « lâcher prise ».
Souvent, ce qui nous paralyse, c’est
la liberté totale, l’angoisse de la page blanche. Ce qu'il faut, c'est tromper le cerveau et
partir de quelque chose pour construire une histoire. La
contrainte (tout type de contrainte) doit agir comme un détonateur, un
trompe-cerveau. Le point d’ancrage libère les freins, lance l’histoire dans le
concret d’une situation (l’erreur de certaines impros est de ne pas choisir de
quoi on parle. « Oh tu as vu ce qui est arrivé. _ Oh oui c’est affreux. _
Je ne pensais pas que ça pouvait arriver, etc. » Le public est suspendu,
il attend, et souvent il attend encore et l’impro ne peut pas décoller. Il faut
se lancer. N’importe quoi, grand-mère est morte, je me suis cassé un ongle, Les
Plutoniens ont enlevé Wayne ;)…).
Vous me direz « Raf tu
causes, mais on voit pas le rapport. Je vous répondrais que c’est pas faux.
Alors revenons-en à la musique ! Par le chant, l’idée est que la musique
nous porte, que l’urgence de poser des mots sur une musique, d’être dans le
flow-flot de la musique… nous permette de déconnecter le cerveau, que les mots
sortent plus vite que notre pensée.
Ceci dit, chanter devant les
autres, accepter l’oreille de l’autre, chanter juste / chanter faux, tout ça,
ça peut bloquer. Et finalement c’est une variante de l’impro. Jouer devant les
autres, accepter le regard de l’autre, jouer juste ou non, raconter une
histoire ou non… ça fait peur de la même façon.
Eh bien chers amis, je vous
invite à dépasser vos peurs. N’ayez pas peur, comme disait l’autre ! Pour
le chant, peu importe de chanter juste, l’important c’est de jouer juste. On
pourrait avoir une super belle impro, touchante, avec une déclaration d’amour
chantée, mais mal chantée, avec toute la fragilité de la personne. On a déjà vu
ça au cinéma, et ça peut toucher juste.
Je finirai par une citation de je ne sais plus qui et je ne sais plus trop si c'est comme ça que c'était dit (mon Dieu, mais c'est d'une clarté absolue tout ça, non?): "Il n'y a pas de manque de talent, mais c'est la peur qui bloque."
Sur ces 2 séances, outre la
chauffe classique et le travail sur l’hymne, nous nous sommes appuyés sur une
structure Gospel trouvée sur un blog d’impro. Plutôt que de mal retranscrire,
je vous invite à aller jeter un œil et une oreille ici.
Le programme: Turtle wufu, foot, singe (synchronisation d'animaux), bwanlette (évitons les mots clés fâcheux!) de mammouths (sens-rime-sens-rime...), chauffe voix & apprentissage hymne, Gospel. Turtle wushu? Sir yes sir!
Euh, tu dis tout de moi, mais tu ne sais pas tout, non?
Youplaboum, nous voilà repartis
pour une nouvelle séquence d’entraînements. Les objectifs pour ces 7 séances
sont de 3 ordres :
-- Développer l’écoute : « l’autre est
parfait »
-- Se donner des contraintes (la contrainte libère,
voir ici)
-- Incarner
Pour cette première séance, il s’agissait
doncde développer l’écoute. Dans l’impro,
construisant mutuellement une histoire, nous nous situons dans deux postures :
émetteur et récepteur. Pour faire de bonnes impros, il est nécessaire de
trouver le juste équilibre entre les deux. Si on schématise, la construction d’une
impro, c’est : « Je dis / J’écoute ». Il est donc nécessaire de
laisser la place à l’autre, et même on l’a vu, au silence de l’autre. Si on a
dit ce qu’on avait à dire, on doit laisser la place à l’autre, même si le
silence est long. Le silence est toujours habité, « lu » par le public,
et est souvent bien plus riche en possibles pour le spectateur. Le silence a
aussi l’intérêt de nous laisser cogiter à ce qui s’est passé et ce qui va se
passer.
Comme on l’a vu dans, notamment,
l’exercice « Caméra », l’écoute n’est pas qu’une affaire d’oreilles,
elle est aussi affaire d’yeux. En effet, écouter l’autre, c’est prendre en
compte ce qu’il amène sur scène, par ses mots, ses gestes, ses attitudes… Le
public, lui, il voit tout. Et il n’arrête pas de faire des liens, d’imaginer la
suite (souvenez-vous de l’émission de radio présentée ici). Si on ne voit pas le
geste de son partenaire qu’il fait à l’autre bout de la scène, on risque de
passer complètement à côté de la scène (la réciproque est vraie, c’est-à-dire
qu’il faut donner à voir à son partenaire les gestes et attitudes que l’on
fait, on est toujours responsable l’un de l’autre sur scène).
L’écoute, c’est aussi le souvenir.
Ce qui fait plaisir en tant que spectateur, c’est quand un élément donné au
départ, est repris à la fin de l’impro et qu’il donne du sens à tout ce qui s’est
passé ; ça, c’est la classe et c’est aussi de l’écoute et de l’esprit d’à-propos.
Enfin, l’écoute, c’est l’écoute
de soi-même, de son personnage, de ce qui s’est construit de lui pendant l’impro.
Lundi, Djodjo voulait faire signer son carnet de notes par le flic. Il a passé
près d’une minute à essayer de lui faire signer quand surgit son père qui veut
signer le doc (pour que l’histoire aille ailleurs et avance). Et là Djo s’emporte,
il s’en fout que son père signe ce fichu carnet, il veut que le flic le signe.
S’il avait accepté les propos du père, il serait venu casser laminute précédente en disant « tout ce
qui s’est passé avant n’avait aucun sens ». Selon moi, refuser une
proposition n’est pas nécessairement une rudesse. On est rude si on fait comme
si une proposition n’existait pas, si on l’annulait en n’en tenant pas compte.
Là il manquait sans doute une explication qui aurait donné du sensau flic et au père (car les deux
interventions étaient justes pour Djo – et oui l’autre est parfait, donc Jérôme
et Albert sont parfaits !). Certes, c’est un peu facile une semaine après
la guerre, mais si Djo avait dit quelque chose comme « Papa, arrête de
faire semblant, je sais ce qui s’est passé entre lui et maman il y a 15 ans ». Et là paf pastèque, toute l’impro a du sens (et on en revient à ce que nous
avait dit Antho ici).
Ouch’, et concrètement, ça
donnait quoi cette séance ?
Chauffe : Turtle Wufu ;
jeux de parachutes ; exo du singe (imitation d’animaux et synchronisation
sur les gestes d’un seul) ; compter jusqu’à 20, puis la suite lancer des
cailloux ; branlette de mammouths (sens/rime) ; les érudits (question
technique / réponse immédiate).
Exercices : Caméra ;
Histoire un mot à la fois ; Histoire un gromelot à la fois.
Impros avec la contrainte d’une
émotion à l’autre (exo découvert lors du précédent stage d’impro) avec thèmes « Dur
mais juste », « la dynastie des malpropres », « duo gagnant »,
« d’une vanité à l’autre », « d’une pierre deux coups » et « d’un
naturel gentil » (thèmes trouvés pour votre gouvernante ici).
La semaine prochaine, en nous
appuyons sur l’écoute, nous nous donnerons des contraintes à nous-mêmes pour
créer du jeu. 11 novembre oblige, nous serons moins nombreux, on chantera !
Pour finir en musique , je vous laisser jeter une oreille à ça...
Lundi c'était la der des ders pour moi ... mais rassurez vous seulement à l'animation!!! Et oui ça y est mon dur labeur est fini, plus de séance à préparer pendant mes longues réunions professionnelles. 8 séances de suites à me supporter ça a du vous paraitre long! Y en a même pas mal qui n'ont pas tenu le coup, et c'était bien dommage pour eux car hier c'était la meilleure séance du lot!!! Bah oui, comme c'était mon anniversaire, y avait du gateau, des bonbecs et on a même bu un coup à la fin de la séance! Trop chouette.
Ah, oui qu'est ce qu'on a fait pendant cette merveilleuse dernière séance?? Bah je vous l'ai dit, on s'est baffré de bonbons! Bon on a aussi fait deux trois trucs, comme l'exercice des balles de couleur pour bien s'échauffé afin d'être au taquet pour l'interro surprise!
Et oui, qui dit dernière séance, dit control des acquis! Donc après une rapide inspection des carnets, on a donc fait un tour de table pour savoir ce que chacun avait intégré depuis le début de l'année, que ce soit pendant les entrainements mais aussi pendant les spectacles. Tout cela fut très interessant, car on a pu voir qu'en fonction de l'a sensibilité de chacun, et l'avancement dans l'impro chacun s'attachait à des points différents mais tout aussi pertinents.
Ce petit point a été l'occasion pour moi d'insister sur le fait d'être en interrogation continue sur sa propre pratique de l'impro, et que la progression individuelle passe par une réflexion sur sa pratique mais aussi sur la pratique des autres. On doit se demander pourquoi des impros fonctionnent et pas d'autres, que l'on soit joueur ou spectateur, et c'est cette réflexion qui nous fera avancer.
Une fois tout cela dit, et histoire de se réchauffer un peu nous avons enchainé par de la speed branlette de mamouth et des mitraillettes.
Et comme il nous restait 30 minutes avant la fin de la séance et histoire de faire simple nous nous sommes lancés dans une improvisation de 30 minutes!!! Bon c'était pas tout à fait une impro de 30 minutes mais plutot 2 impros de 15 minutes entrelacées. Nous avions vu ce concept lors du TITAN de la LIMA l'an dernier. Le principe est d'avoir deux équipes qui jouent des histoires differentes, sans aucun lien. Les équipes jouent sur un temps de 15 minutes qu'elles découpent en petit scène de la durée de leur choix. A la fin de chaque scène, l'équipe qui joue indique par un signal sonore la fin de la scène et c'est donc à l'autre équipe de démarrer sa nouvelle scène.
Globalement c'était un peu bruyant car l'équipe qui ne jouait pas avant tendance à parler un peu fort pour préparer sa prochaine scène, mais ça nous a donné deux impros relativement bien construites avec une avancée de l'histoire scène après scène, et aucun sentiment de lassitude car quand une scène avait dit ce qu'elle avait à dire, on la terminait pour donner la main aux autres. Un bon exercice pour ressentir le rythme d'une scène et pour travailler les balances!
C'était donc mon dernier débrief, j'espère que ce que je vous ai proposé vous a plu et que vous avez tous eux assez de temps de jeu pour expérimenter les choses ... et oui dès lundi prochain je remets avec un grand plaisir mon costume d'improvisateur et va falloir se bagarrer pour que je vous laisse un petit bout de la scène .... quoi moi, en manque!! un tout petit peu c'est tout ! :D
Eh oui après avoir travaillé sur la structure d'une histoire et sur l'utilisation du conteur, c'est maintenant au tour de la balance de faire son apparition. Mais c'est quoi donc que cette balance? Et bien une balance c'est quand on a un changement de scène dans une improvisation, lorsque l'histoire est amenée d'un coup ailleurs, avec possibilité d'introduction de nouveaux personnages.
Il y a plein de façons d'introduire ce changement (avec différents rythmes de succession des balances) mais pour l'instant nous ne nous intéresserons qu'à des balances avec changement d'espace et des balances avec changement de temps.
Tout d'abord les codes: la balance doit être clairement introduite afin que les joueurs déjà sur scène comprennent s'ils feront ou non partie de la nouvelle scène. Une simple phrase d'introduction de la scène suffit à cela, par exemple, "pendant ce temps de l'autre côté de la ville". On indique ainsi qu'on entre dans une nouvelle scène et où et quand elle se situe. En fonction de cette phrase les joueurs sur scène doivent comprendre s'ils doivent rester sur scène ou bien s'effacer. Le code pour s'effacer est de s'agenouiller, et de se déplacer sur le côté de la scène, tout en restant en jeu, ou bien de se cacher derrière le devant de la patinoire si il y en a une.
Ensuite à quoi peut servir cette balance? A beaucoup de choses comme par exemple:
- introduire de nouveaux personnages en relation avec les premiers afin d'élargir le champs de l'histoire
- apporter de nouveaux éléments sur les premiers personnages, éléments qui permettront de créer le chaos
- faire avancer l'histoire en lui faisant faire un bon dans le temps (un peu comme peut le faire le conteur)
- apporter une intrigue parallèle qui rejoindra la première
Mais quelque soit ce qui se passe lors de la balance, les improvisateurs doivent garder à l'esprit que l'histoire principale est celle commencée en début d'improvisation et donc:
- la balance doit avoir une connexion avec cette histoire, un lien entre les deux scènes doit exister même s'il n'est pas forcément très explicite. Par exemple, première scène : un prince qui s'ennuie dans son château et deuxième scène une jeune fermière qui travaille aux champs comme tous les jours. Là il n'y a aucun lien clair, mais on sent que les deux histoires peuvent se rejoindre avec par exemple le prince qui veut devenir paysan et qui tombe amoureux de la fermière qui elle voudrait bien être princesse (ah ces filles!).
- la balance est au service de la première scène et ne doit pas devenir l'histoire principale (à la rigueur peut être si on considère que la première scène n'était que l'introduction de l'histoire). Elle doit être là pour apporter des éléments de construction de l'histoire principale.
Enfin on a aussi pu remarquer que la scène de balance a une particularité que la scène principale n'a pas: on peut la clore explicitement. Je veux dire par là que lorsque les improvisateurs ont fini de donner les éléments qu'ils avaient à apporter pour faire avancer l'histoire principale, ils peuvent/doivent quitter la scène et c'est aux improvisateurs de la première scène de revenir pour continuer l'histoire principale en prenant en compte ce qui a été apporté par la scène de balance.
Il y a plein de choses très sympa à faire si on utilise correctement ce mécanisme, attention tout de même à ne pas tomber dans le piège de rendre l'histoire incompréhensible en apportant trop d’éléments ou de éléments trop abracadabrantesques, mais là on en revient encore et toujours à la nécessité de préserver la consistance et la cohérence de l'histoire .... et cela passe par l'écoute, à la fois lorsque l'on est sur scène et tout autant quand on est sur le banc.
La séance de la semaine dernière m'avait laissé un goût de trop peu d'impro, sûrement dû au fait que nous étions beaucoup et qu'en grand bavard devant l'éternel j'en avais monopolisé une bonne partie en explications et débriefs divers.
Je me suis donc dit, l'objectif de ce soir est de faire jouer un maximum d'improvisations, car comme le dit l'adage, c'est en forgeant que l'on devient forgeron! N'ayant pas pu suivre vos impros je n'ai pas pu vous faire mes interminables commentaires et c'est donc à vous de faire l'effort d'avoir un regard sur ce qui s'est passé sur scène, ce qui a marché et ce qui a freiné l'évolution de l'impro. Il serait d'ailleurs intéressant de mettre en place une grille de relecture des impros avec quelques questions basiques à se poser après une improvisation ... mais ça sera l'objet d'un autre billet, et si vous avez des idées je suis preneur :D
Toutes ces improvisations ne sont bien sûr pas arrivées toutes seules, nous avons commencé par un Hiha, puis repris notre travail sur la narration d'histoire en commençant par un exercice qui avait pour but de mettre en évidence les différents moments d'une improvisation. Je me suis inspiré de cet article du site Le Caucus : http://lecaucus.wordpress.com/2012/09/01/apprendre-a-raconter-une-histoire-en-apprenant-a-ne-pas-tuer-une-histoire-1-lannulation/ que je vous encourage à lire. Il met en évidence 5 temps dans l'improvisation que l'on peut annoncer avec des débuts de phrases type:
“Il était une fois…” (présentation du protagoniste)
“Tous les jours…” (établissement d’une plateforme / stabilité)
“Mais un jour…” (introduction du chaos)
“Alors…” (conséquence / changement)
“Depuis ce jour…” (établissent nouvelle stabilité)
L'objet de l'exercice était donc de raconter une histoire avec ces 5 débuts de phrase, tout d'abord tout seul, puis ensuite chacun son tour pour ressentir que l'on n'est pas seul maître de l'histoire et qu'il faut accepter les propositions des autres même si elles ne correspondent pas à ce que l'on avait en tête.
Ensuite nous avons fait un exercice de comblage des blancs. Une personne donnait 3 faits distincts et les autres devaient raconter une histoire cohérente qui incorporait ces 3 faits. Pour cet exercice nous avons noté que personne n'avait fait de saut dans l'espace ou dans le temps, que les histoires étaient toutes linéaires. Raconter une histoire avec des éléments qui se déroulent en parallèle dans des lieux différents ou bien avec des flashs back à d'autres moments permet pourtant de lui donner de l’épaisseur et évite aussi au spectateur de s’ennuyer sur une histoire trop linéaire (lisez Game of Throne pour voir l'effet de plusieurs histoires en parallèle qui s’entremêlent)
Enfin pour terminer ce debrief, je voudrais juste revenir sur les improvisations de 10 minutes que nous avons faites à la fin de la séance. Ce genre d'improvisation est très formateur car il montre beaucoup de travers des improvisateurs.
Dans l'histoire du samouraï, on annonce la fin de la quête dès le début de l'histoire ("Atteindre la montagne du destin pour trouver le sabre") et ensuite on comble l'improvisation de multiple freins et épreuves, pour que le sabre ne soit trouvé qu'au bout de 10 minutes. Et si ce sabre avait été trouvé dès le départ que se serait-il passé .... Beaucoup de choses que l'on n'a malheureusement pas eu le loisir d'imaginer. Dans les improvisations plus courtes on a aussi tendance à se rassurer en écrivant mentalement l'histoire, ou bien en l'écrivant entièrement lors du caucus,en lui donnant un but à atteindre. Derrière on se retrouve coincé car on ne sait que combler l'histoire pour atteindre ce but. Il faut à mon avis au contraire ne se faire aucun plan, venir juste avec un personnage, et ensuite se laisser porter par les choses qui arrivent en réagissant plutôt qu'en planifiant ... c'est ainsi que l'on peut aller sur des chemins que l'on aurait jamais imaginés.
Je termine quand même en vous remerciant pour l'énergie et la motivation que chacun apporte avec lui le lundi soir. Bonne semaine.